5 miracles de la nature

Les sites protégés de France
8 mai 2019
Les Gorges du Verdon

Désert calcaire, canyon millénaire, forêt de roche : la planète a une imagination sans bornes. Voici un tour de France de quelques spécimens spectaculaires… 

 Le désert de Platé, de la roche et des bouquetins

Lapiaz d’Europe

Le téléphérique des Grandes Platières à Flaine, en Haute-Savoie, monte à 2550 mètres d’altitude. De là, le panorama sur la chaîne du Mont-Blanc est extraordinaire. Mais le spectacle est tout aussi étonnant sous nos pieds : on marche sur le désert de Platé. Avec ses 2 000 hectares de superficie, c’est le plus grand lapiaz d’Europe, ces sols calcaires rainurés par l’érosion. La majesté des lieux incite à la métaphore et la référence au désert tient à la rareté de la végétation. Mais on pourrait tout aussi bien invoquer l’océan tant le travail de l’eau et des glaciers anciens donne du mouvement à cette roche tendre. Les bouquetins y surnagent en nombre. Jumelles conseillées !

Les Gorges du Verdon, beau comme un canyon

Les Gorges du Verdon

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, entre Castellane et Moustiers-Sainte-Marie, la rivière Verdon a creusé la roche durant des millénaires. C’est ainsi que s’est constitué le plus grand canyon d’Europe, aux mensurations vertigineuses : des profondeurs de 250 à 700 mètres, des largeurs de 6 à 100 mètres à hauteur de cours d’eau, de 200 à 1500 mètres au sommet des gorges. Au fond de ce fantastique chaos de pierre, l’eau émeraude du Verdon permet une infinité d’activités sportives, du canoë à l’hydrospeed. Les falaises sont des spots mythiques pour les amateurs d’escalade. Pour les moins sportifs, l’une des plus belles routes du monde parcourt les 45 kilomètres les plus époustouflants de ce site exceptionnel.

Le Colorado provençal, un western en technicolor 

Randonneur dans le Colorado Provençal, Rustrel

On doit rendre grâce aux colorants synthétiques. Ils ont épargné les ocres de Rustrel, dans le Lubéron, prélevés jusqu’en 1992. Désormais, les 30 hectares de cette ancienne carrière sont traversés par des chemins de randonnée au milieu des pins sylvestres, des étendues arides, des falaises d’où perlent de petites cascades et des cheminées de fée. Ces colonnes de roches sculptées par le retrait de la mer donnent à l’ensemble ses allures de western. Du blanc crayeux à la rousseur intense, une vingtaine de nuances d’ocre constituent un spectacle merveilleux.

Le Gouffre de Padirac, une ouverture sur le merveilleux

Gouffre de Padirac

On prétend que cette énorme ouverture est due à un coup de talon de Satan contre le sol tendre de Padirac, dans le Lot. Mais c’est plus vraisemblablement de longues et rudes périodes de glaciation qui ont provoqué cet effritement du calcaire des Causses du Quercy… Résultat : un trou de 35 mètres de diamètre. Une succession d’escaliers et de rampes mène 103 mètres plus bas où une rivière souterraine s’écoule sur 20 kilomètres. Sur une embarcation, on entre alors dans le monde du silence, navigant sur une eau claire, cerné de roches sculptées par l’érosion. Parmi les points remarquables, une énorme stalactite de 60 mètres ou encore des forêts de spéléothèmes, ces concrétions montantes ou descendantes : une féérie.

Le Bois de Païolive, une forêt enchantée

Corniche du Chassezac

Il s’agirait plutôt de pierres que de bois. C’est bien une forêt ancienne de chênes et d’argousiers de 16 km² qui constitue le décor général. Mais le focus se fait sur les sculptures rocheuses qu’on rencontre le long du GR 4 : champignons, grottes, souterrains, failles… Grâce aux pouvoirs d’érosion du vent, de la pluie et du soleil, on se croirait aux journées portes ouvertes d’un atelier de sculptures. Le spectacle est magnifique et la mise en scène, parfaite : les parcours sont jalonnés de panneaux explicatifs à propos des éléments géologiques les plus étonnants ou encore de la faune et la flore de l’endroit, particulièrement riches.

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